Etudiants : "une enveloppe protectrice trop sécure"

« Étudiants, une enveloppe protectrice trop sécure » : La reprise des cours représente pour les jeunes le retour à la vie. Le manque de perspectives avec les contraintes successives qui anéantissent leurs espoirs de rétablissement de la situation peut provoquer des troubles dépressifs délétères pour le maintien d’un investissement dans les études. Les jeunes semblent connaitre le remède à leurs maux, en tout cas en partie, effectivement le retour des cours en présentiel peut présenter des avantages sur le plan psychique en relançant l’élan vital, tant nécessaire pour les pensées plus positives. Quand on sait que l’action est un puissant anti-dépresseur, l’arrêt de la vie étudiante actuellement cristallise leurs souffrances. Aussi, ils sont confrontés aux injonctions paradoxales que suggèrent le contexte sanitaire et les risques encourus par leur rôle dans la probable transmission du, des virus. Ces injonctions peuvent aussi majorer leurs angoisses les paralysant car difficile de faire un choix entre deux priorités : leur survie via le lien social, la reprise des cours et la santé de leurs proches. L’arrêt des cours en « présentiel » a laissé les étudiants dans un « no man’s land » pourtant bien nécessaire pour leur protection et celle des familles. Toutefois le manque de perspectives les renvoie au principe de réalité qu’ils ont du mal à supporter, habitués à fonctionner en priorisant leur satisfaction. Nombreux sont les motifs de consultations psychologiques en lien avec ce mal être « national »stigmatisé par la jeunesse mais on le sait bien pas seulement juvénile, le découragement entrave la poursuite des projets universitaires confrontés aux difficultés du quotidien à la fois financières et des préoccupations vitales. L’exemple des récents regroupements est révélateur de comportements certes inadaptés en temps de crise sanitaire mais met en avant surtout des émotions incontrôlables et une envie de retrouver un mode de vie dont ils ont des repères. Les outils en psychologie sont facilités avec la téléconsultation et soutiennent la motivation, la maitrise des pensées polluantes ou anticipatrices avec un réel bénéfice secondaire sur la santé mentale. N’attendons pas trop avant d’y recourir. La prise en charge psychologique, non médicamenteuse est une solution, simple, efficace, et peut être brève, une réponse aux maux de la jeunesse, il est nécessaire de s’en saisir pour renforcer la sécurité intérieure que les jeunes ont peu à peu perdu avec l’évolution des mesures restrictives sanitaires. L’espoir étant systématiquement confronté à une perte supplémentaire de liberté, d’autonomie... en limitant l’action des jeunes, cela favorise ces sentiments d’inutilité, et l’émergence d’émotions négatives, d’angoisses, de tristesse, de colère... et d’estime de soi et donc de dépréciation de sa propre valeur. En reprenant le chemin qu’ils connaissent, ils vont se reconnecter à des repères connus avec la régularité des cours, des pauses, les rites du déjeuner... mais surtout se confronter aux autres et partager l’invisible lien qui les reconnecte à la vie mais à quel prix ? Si l’hygiène est l’affaire de tous, peut-être pouvons-nous leur proposer d’agir en participant physiquement au maintien des mesures barrières, ou des actions de pédagogie auprès des plus jeunes quelques heures par semaine afin de créer du lien, de maintenir un rôle social, de valoriser ces comportements récompensés dans leurs résultats et de redinamiser le moral des minorités. Nourrissons l’espoir que la bienveillance domine dans cette reprise des cours et que le groupe favorise l’émergence de comportements adaptés, rationnels, teintés d’empathie, pour une meilleure qualité de vie et la santé de tous. Et si le jeu devenait obligatoire en cours ?

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