Quelle place pour le handicap ?


Quelle place pour le handicap dans le programme Emmanuel Macron (LREM) ? Voici le deuxième volet de ses réponses...

8 avril 2020 • Par Handicap.fr / E. Dal'Secco


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Comme à tous les autres candidats à l'élection présidentielle, Handébat 2022 a posé ses questions à Emmanuel Macron pour La République en marche. Dix au total ! Les cinq premières figurent dans l'article en lien ci-dessous. Voici les cinq dernières... 6 - ACCESSIBILITE NUMERIQUE En dépit de la réglementation, de nombreux sites internet, y compris gouvernementaux, ne sont pas accessibles, faisant peser sur les personnes handicapées, pour certaines déjà isolées par les difficultés de déplacement, le poids supplémentaire de la fracture numérique. Acceptez-vous de durcir significativement les sanctions et de mettre en place une autorité de contrôle et de régulation à l'image de ce qui est en place pour le RGPD et la CNIL ? L'accessibilité numérique est au cœur de nos préoccupations et nous allons continuer. Nous avons par exemple réalisé des avancées importantes sur l'automatisation de l'accessibilité de la communication gouvernementale avec le lancement d'un avatar LSF (langue des signes française) sur le site gouvernement.fr et le développement d'un outil d'aide à la lecture sur les pages gouvernementales les plus consultées. C'est en progrès constant. A horizon 2024, une solution universelle de l'accessibilité téléphonique sur la base des recommandations de la mission confiée à Jérémie Boroy (président du CNCPH) et Anthony Colombani (directeur RSE, affaires publiques et communication de Bouygues Telecom) sera déployée. Par ailleurs, le gouvernement est engagé dans une démarche de mise en accessibilité des 250 démarches en lignes les plus utilisées par les Français. La transposition de la directive européenne sur l'accessibilité des biens et services permettra de déployer des autorités chargées du contrôle et de la régulation sur ce sujet. 7 - CHOC DE SIMPLIFICATION L'un des principaux credo du gouvernement actuel a été la simplification de l'accès aux droits des personnes handicapées avec, pour la première fois, un grand nombre d'attributions à vie (RQTH, PCH, CMI…) pour certains handicaps. Comptez-vous aller plus loin ? C'est effectivement l'action que nous menons et nous souhaitons continuer. Par exemple, nous allons délivrer automatiquement la reconnaissance de qualité de travailleur handicapé (RQTH) pour les jeunes de plus de 16 ans déjà accompagnés par la MDPH dès 2022. Il faut également ouvrir en lien avec les départements et les représentants des personnes en situation de handicap, notamment le CNCPH, le chantier de l'amélioration de l'évaluation dans les MDPH et de la simplification de la prestation de compensation du handicap. 8 - HABITAT INCLUSIF Au risque d'ébranler le système français du tout médico-social, l'habitat inclusif qui promeut la vie de la personne handicapée au cœur de la cité, fait aujourd'hui une percée. Comptez-vous encourager cette formule qui prône le vivre ensemble, même si cela suppose d'y investir des moyens supérieurs ? Y voyez-vous certaines limites ? Nous avons commencé à mettre en place l'aide à la vie partagée (AVP) pour encourager le développement de l'habitat inclusif. Elle est déployée dans 24 départements (5 367 bénéficiaires d'AVP) et 67 départements sont officiellement engagés dans la démarche de déploiement. Il faut continuer sur cette voie. En parallèle, et comme évoqué, nous souhaitons créer une plateforme pour faciliter l'accès à l'offre de logement inclusif. Elle répond à une demande forte des personnes de créer une voie alternative entre le domicile et l'institution, et c'est notre objectif : permettre à chacun de choisir librement comment et où il souhaite vivre, tout en développant les accompagnements. 9 - ACCESSIBILITE DU BATI • Les Ad'AP (agenda d'accessibilité programmé) ont fixé des échéances et des règles précises pour assurer l'accessibilité des ERP (établissements recevant du public). Or elles ne sont pas respectées car aucune sanction n'est encore tombée. Vous engagez-vous à durcir le ton et comment ? D'abord, nous souhaitons assurer la transposition de la directive européenne d'accessibilité des biens et services à l'échéance. Outiller la réflexion sur les schémas possibles en matière d'autorité de régulation et de contrôle de l'accessibilité à l'aide d'une mission d'inspection. Surtout, nous allons créer un fonds départemental d'accessibilité qui aura vocation à soutenir la mise en accessibilité des commerces de proximité, des écoles, collèges, lycée, voirie et transports… au plus près de nos concitoyens. La centralisation de la mise en accessibilité ne fonctionne plus ; les moyens sont trop faibles, notre connaissance des particularités de chaque territoire et notre priorisation des chantiers n'est pas satisfaisante. Au-delà du bâti et de la mobilité, il pourra participer au financement de la mise en accessibilité de l'offre de services (clubs de sport, loisirs, culture…). Via une feuille de route précise avec indicateurs, définissant les missions du fonds, le préfet aura notamment à : - Travailler avec les outils en place : les commissions d'accessibilité, dans toutes les mairies. Aujourd'hui, ces commissions ne fonctionnent pas de manière optimale selon les territoires. - Mieux contrôler les notifications d'aménagement de logement. Le préfet ayant la main sur les permis de construire, il pourra activer les notifications d'aménagement de logement. Il s'agit là de renforcer la présence de l'État contrôleur, ingénieur et cofinanceur dans les territoires. L'accessibilité pour les personnes avec handicap ne doit plus être pensée comme une option, qui coûte de l'argent en plus. Elle doit être intégrée dès le début de tout projet immobilier ou de réhabilitation. - La mise en place d'aides et de mesures incitatives afin d'accroître l'offre de logements adaptés aux besoins nous semble la bonne réponse. Avec Ma Prime Adapt' l'offre actuelle sera encore renforcée ; nous prendrons en charge jusqu'à 70 % des coûts d'adaptation des logements (escaliers, sanitaires, salle de bain, etc.) • La Loi ELAN, ayant fait passer le nombre de logements accessibles de 100 à 20 %, suscite la colère des associations. Comptez-vous revenir sur ce principe ? Pas de réponse. 10 SANTE Au risque de mettre ce public en danger, l'accès aux soins des personnes handicapées reste un gros point noir, du fait de l'inaccessibilité des lieux de soins, du manque de formation du monde médical aux particularités du handicap et de reste à charge qu'elles ne peuvent assumer. Comment comptez-vous y remédier ? Là encore, beaucoup d'actions sont en cours et notre action doit se poursuivre pour que les soins soient accessibles à tous. C'est évidemment le travail que nous allons mener pour lutter contre les déserts médicaux mais c'est aussi, par exemple, la création de six pôles de référence de prêt de matériel de communication alternative et améliorée (CAA), dotés de 100 000 euros pour accompagner les personnes au choix et à l'appropriation d'un matériel de CAA, ou encore le déploiement de référents handicap dans les structures de médecine d'urgence (SAMU, SMUR, centres 15 et 114) ainsi que dans les établissements de santé pour accompagner les personnels soignants . Nous travaillons aussi à la généralisation du dispositif Handigynéco expérimenté en Île-de-France afin de faciliter l'accès au suivi et aux soins gynécologiques des femmes en situation de handicap grâce à la mise en place de consultations individuelles et à la formation des professionnels des ESMS (établissements et services médico-sociaux). Notre proposition de déployer des bilans aux âges clés permettra aussi un meilleur suivi médical des personnes en situation de handicap et développer la culture de la prévention en santé des personnes en situation de handicap. Nous souhaitons également poursuivre et amplifier le grand mouvement de recherche pour les handicaps dits « rares » ou psychiques, et ceux qui sont encore si peu connus. Je sais que beaucoup d'associations réalisent d'ores et déjà un formidable travail d'accompagnement. La recherche aidera à la préciser mieux encore. Un dernier mot. « Avec vous », ce n'est pas seulement un slogan. C'est une méthode. C'est la manière avec laquelle nous avons essayé de travailler avec le monde associatif du handicap ces cinq dernières années, et c'est la manière avec laquelle nous souhaitons aborder toutes les problématiques des cinq prochaines. Le succès que nous voulons aller chercher, nous irons le chercher ensemble. Pour les personnes en situation de handicap. Pour tous nos concitoyens.

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